Le nouveau directeur de la Cinémathèque Algérienne Salim Aggar possède un parcours prolifique dans le monde du cinéma, de la communication et de la critique cinématographique.

Un gout inné pour les médias, le cinéma et l’audiovisuel  

Diplômé en lettres françaises, Salim AGGAR a passé plus de 30 ans de sa carrière dans la presse algérienne. Journaliste dans les plus importants journaux du pays tels que l’Expression, Le Quotidien d’Oran ou encore Horizons. Il avait lancé avec brio en 2015, le journal électronique DIA (Dernières Infos d’Algérie) qui s’est installé comme l’un des plus importants médias électroniques dans le pays.

Spécialiste du cinéma et de l’audiovisuel algérien et international, il est souvent sollicité sur les plateaux des télévisions algériennes publiques et privées pour commenter des sujets de l’audiovisuel, de la communication et du cinéma. Il avait animé en 2015 des émissions sur Beur TV, « Médias croisés » « Bled Tv » et fut chroniqueur dans trois émissions : « Nikat ala Elhourouf » sur EchourouK News, Mazal El Hal sur El Djazairia One et Zapping Ramdhan sur Ennahar Tv.

Son métier de journaliste et son amour pour le cinéma lui a permis d’être à l’affut de toute actualité sur le cinéma et l’audiovisuel.

Il a rédigé entre 1992 et 2017 des centaines d’articles dans le domaine audiovisuel, politique, communication, publicité et télécoms. Il est connu pour son franc-parler, ses critiques sévères et ses déclarations fracassantes. Il a rédigé plusieurs thèses sur le cinéma algérien,  telles que dans la revue sur « Les 40 ans du cinéma algérien » éditée par l’Année de l’Algérie en France (2003), mais se consacra également dans la promotion du court métrage avec son association « A nous les écrans », dont il est président depuis 2002. Partisan d’un cinéma national en force, avec une orientation locale et une coproduction équilibrée, Salim Aggar a toujours défendu l’héritage du cinéma algérien.

Un parcours de réalisateur réussi 

Artiste dans l’âme, Salim Aggar était porté sur le dessin, mais il avait entre-temps entamé une carrière de réalisateur en 1989 en signant son premier court-métrage en super 8 à l’âge de 21 ans, intitulé « Dieu a fait la montagne et l’homme a fait la ville ». Une expérience qui changea totalement le cours de sa vie artistique. Il réalisera ensuite plusieurs autres courts-métrages dans le même format dont le plus prolifique demeure un documentaire sur les enfants et la guerre intitulé « Soldat à 13 ans ». Dans un autre registre, il travailla comme assistant sur le moyen- métrage « Cousines » de Lyès Salem (César du meilleur court métrage en 2005) et dans plusieurs documentaires.

Depuis 2001, il prépare la réalisation d’une série de documentaire sur le cinéma algérien, intitulé « Chronique de braise du cinéma algérien ». Le premier volet a été achevé en 2007 « Ça tourne à Alger », qui montre les difficultés des cinéastes algériens durant la période du terrorisme et qui fut présenté dans plusieurs festivals dans le monde: à San Francisco, à Cork en Irlande, à Amiens en France et au Festival du Documentaire d’Al Jazeera. Entre temps il a réalisé un deuxième documentaire intitulé : « Paroles d’un prisonnier français de l’ALN », sur le témoignage d’un prisonnier français de la guerre d’Algérie. Ce documentaire produit par l’ENTV a été présenté au forum des images de Paris en 2012 et sélectionné dans plusieurs festivals : Amiens, au Prix méditerranéen du reportage et documentaire de Marseille en 2010, aux rencontres sur l’histoire et les archives de Ciné-mémoire de Marseille et aux rencontres cinématographiques internationales Henri Langlois à Paris en 2012.

Il est l’auteur également de trois autre documentaires : «Le moudjahid de la plume», sur le parcours du doyen de la presse algérienne Nouredine Nait Mazi,  «Chahine, l’Algérie et le cinéma» (2017) sur les relations entre le célèbre cinéaste égyptien et l’Algérie.  Il est sans doute le seule cinéaste algérien à avoir rencontré le célèbre cinéaste algérien en lui faisant une interview.

Il a également diffusé sur l’Entv, sa dernière production  « L’histoire du film la bataille d’Alger » où il a retrouvé 50 ans après les principaux acteurs et techniciens du film de Gillo Pontecorvo.

Il achève, actuellement  le montage du documentaire « La caméra le fusil » sur le traitement de la guerre d’Algérie par les cinéastes français et les cinéastes algériens.

Avec l’association A nous les écrans, il crée le premier Festival de cinéma à Alger en 2009

Elu président de l’Association A nous les écrans en 2002, il se consacra à la promotion du court métrage et le jeune cinéma, en organisant des ciné-clubs. Il a créé en novembre 2009, les Journées Cinématographiques d’Alger (JCA) le premier festival de cinéma installé dans la capitale algérienne et qui est devenu le rendez-vous incontournable pour le court métrage et le documentaire en Algérie durant plus de six ans. En parallèle, Salim Aggar  a créé le premier site dédié au cinéma algérien www.anouslesecrans.com et lança un concours national du scénario, en dotant les lauréats d’aides à l’écriture. Fort de sa légitimité comme président de l’Association A nous les écrans et de son parcours, il est souvent sollicité par les Festivals comme membre du jury : Alexandrie, Oujda, Marseille ou encore membre du Jury au Festival amazighe et aux fennecs d’or en 2005.

Sa connaissance du monde du cinéma l’a conduit à être membre du commissariat du festival du Film engagé aux coté d’Ahmed Bedjaoui et Zehira Yahi et d’être directeur de communication du Festival du film Arabe d’Oran. Il a été membre d’une commission de sept personnes pour le visionnage du film au ministère de la culture pour les visas d’exploitation.

Salim Aggar qui est connu pour ses positions fermes dans le monde du cinéma national, a toujours lutté pour un cinéma national fort contre la dépendance de certains financements étrangers, qui dénaturent l’orientation du réalisateur. Depuis le 20 décembre 2018, il a été installé comme le nouveau directeur du Centre Algérien de la Cinématographie.