CAC-31 août 2019: La cinémathèque Algérienne toujours dans le cadre de la promotion du cinéma algérien, présente chaque samedi, un film classique ou récent du 7e art national. C’est à cette occasion, que la cinémathèque d’Alger présente pour son public cinéphile, le premier film cinéma algérien « la Nuit a peur du soleil » de Mustapha Badie. 

Le film est programmé chaque samedi à 13h de ce mois de septembre à la cinémathèque d’Alger au 26 rue Larbi Benmhidi 

Tourné en 1965 par le réalisateur le plus expérimenté de la Télévision Mustapha Badie, « La nuit a peur du Soleil » a été conçu et monté comme une super production, avec ses quatre heures initiales et sa version actuelle de trois heures. 

Mustapha Badie a bénéficié de l’expérience d’un grand directeur photo en la personne de Noureddine Adel, mais aussi de décorateurs, de monteurs ou d’ingénieur du son algériens chevronnés.
Tourné en 35 mm en cinémascope, «La nuit a peur du soleil» est un film dont le titre grandiloquent a pu faire sourire à l’époque, mais qui aujourd’hui gagne à être revisité. Il raconte en effet, dans un style influencé par le (bon) cinéma égyptien que par le mélange hollywoodien-soviétique propre aux premiers films cinématographiques révolutionnaires, la saga de familles prises dans les décennies qui ont précédé l’indépendance de l’Algérie. Pour ce faire, Mustapha Badie a regroupé dans son casting, les plus prestigieux comédiens de l’époque dont Mustapha Kateb, Taha El Amiri, Sid Ahmed Agoumi, Yasmina, Nouria et Djamila. Le film de Badie impressionne aujourd’hui par sa classe et par son niveau technique.
Le film a été présenté dans quelques salles, puis à la télévision, mais il a été boudé par le secteur cinématographique naissant. Dans la lutte que depuis lors se sont livrés le cinéma et la RTA, la télévision venait de marquer un point majeur en plantant une banderille majeure dans le dos d’un cinéma condamné à la précarité.
De 1962 au milieu des années 80, la télévision algérienne n’a cessé d’ouvrir ses portes à la jeune création, tandis que le cinéma se réduisait malgré d’indéniables succès internationaux dus en particulier au savoir-faire reconnu de Lakhdar Hamina, à quelques réalisateurs autoproclamés, plus ou moins talentueux.
Il serait intéressant à cet égard, de revisiter la production filmique algérienne au prisme de la valeur créative. Au début des années 70, Mustapha Badie récidivait en réalisant ce qui reste aujourd’hui comme le plus gros succès populaire audiovisuel de l’Algérie indépendante, « El harik», un feuilleton de onze épisodes adapté de l’œuvre du grand écrivain Mohamed Dib et dans lequel il révélait une immense comédienne, Chafia Boudraa.