ALGER: 31 mai 2020: Légende des westerns spaghetti et du cinéma américain, le grand Clint Eastwood fête ce dimanche ses 90 printemps. Pourtant, fidèle à son image de dur-à-cuire, l’acteur-réalisateur ne semble pas prêt à remiser sa caméra au placard. «Je suis juste un type qui fait des films.» La formule est laconique mais elle reflète à merveille la manière dont Clint Eastwood se définit, alors qu’il fête ses 90 printemps, ce dimanche 31 mai.

A cette occasion, la cinémathèque Algérienne a décidé de lui consacré un cycle durant la semaine du 31 mai au 5 juin, en présentant des documentaires et des films sur l’artiste.

Pour l’Algérie, il est devenu célèbre pour avoir annoncé l’Oscar du meilleur film étranger pour l’Algérie lors d’une cérémonie à Hollywood le 02 février 1970, récompensant le film Z de Costa Gavras que l’Algérie a produit et soutenu. L’Oscar avait été remis à Ahmed Rachedi, à l’époque DG de l’ONCIC.

Mais pour le public algériens, il est surtout célèbre pour ses westerns spaghetti notamment le film le Bon la brute et le truand, multi diffusé au cinéma et à la télévision algérienne.  

Né le 31 mai 1930 à San Francisco, Clint Eastwood possède à son actif plus de cinquante films au compteur. Il commence sa longue carrière avec des petits rôles dans les années 1950-60. La maxime «Nul n’est prophète en son pays» lui colle alors à la peau. Alors qu’il s’étiole dans des rôles de gentils cow-boys à la télévision, c’est Sergio Leone qui le repère en visionnant un épisode de la série western Rawhide (de 1959 à 1965).

Le succès des westerns spaghetti de Leone fait comprendre à Eastwood qu’il veut être autonome. Il fonde en 1967 sa propre société, Malpaso, où il pourra concevoir, réaliser et interpréter la plupart de ses films. De la saga L’Inspecteur Harry (rôle réservé un temps à Frank Sinatra) jusqu’à son dernier film Le cas Richard Jewell, il n’a fait que de très rares incartades hors de sa société.

Il a déjà subi ce genre d’avanies dans les années 1960, puisque la trilogie des westerns de Sergio Leone avait déjà été critiquée pour sa violence gratuite. Quelques années plus tard, Eastwood avait été taxé de «fasciste» pour son rôle de policier-justicier dans Inspecteur Harry, puis de va-t-en-guerre pour American Sniper, en 2014.

Il n’a pas récolté que des coups, loin de là: Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur film pour Impitoyable en 1993, il réédite le doublé pour Million Dollar Baby en 2005.

Il recevra aussi une Palme d’or au festival de Cannes pour l’ensemble de sa carrière bien remplie, mais pas exempte de flops parfois massacrés par la critique.

La star oscarisée, qui enchaîne quasiment un film par an depuis les vingt dernières années, ne parle toujours pas de retraite et n’apprécie pas franchement les anniversaires.

Aujourd’hui, rien ne semble plus troubler la route du succès empruntée par le grand Clint, depuis Impitoyable, Bird, La Route de Madison, Un monde parfait, Mystic River, Gran Torino, La Mule, ou Le cas Richard Jewell. Pourtant, ce chemin de gloire a clairement été semé d’embûches.

Même si Eastwood avait annoncé qu’il songeait à prendre sa retraite en tant qu’acteur après son rôle dans Gran Torino en 2008, il a toutefois reparu devant la caméra quatre ans plus tard pour Une nouvelle chance, puis de nouveau en 2018 pour La Mule. «Il est assez imprévisible», résume Tim Gray, qui a l’impression que «maintenant, il fait ce qu’il a envie de faire.»

Ancien maire de la petite ville de Carmel, en Californie, Clint Eastwood reste engagé politiquement. Très longtemps étiqueté républicain, il a pourtant soutenu le milliardaire Michael Bloomberg, candidat malheureux à l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle de 2020.

Père de huit enfants et plusieurs fois grand-père, l’acteur devrait être bien entouré dimanche même si c’est une offre qu’il aurait peut-être préféré refuser.