ALGER-16 mai 2020: Il y a exactement 20 ans, le 16 mai 2000, disparaissait le talentueux réalisateur Azzedine Meddour, des suites d’une longue maladie à l’âge de 53 ans. Il venait tout juste de présenter son premier long métrage en langue tamazight la « Montagne de Baya » à la cinémathèque Algérienne.

Après des études universitaires à Alger où il a décroché une licence en lettres françaises, Azzedine Meddour s’intéresse au cinéma et choisi de faire des études à la prestigieuse école de cinéma de Moscou, pendant sept ans. Il revient avec un diplôme de réalisateur et débute sa carrière en 1978 à RTA : la télévision nationale. Il rejoint ensuite l’entreprise nationale de production audiovisuelle (ENPA) où il avait réalisé plusieurs courts et moyens métrages.

Parmi ses films : Les Nouvelles croisades (1980), Combien je vous aime (1985), La Légende de Tklat (1991), Djurdjura (1992), Le Chacal doré (1993).

Azzedine Meddour a offert en 1997 l’un des plus beaux films du cinéma Amazigh. Il s’agit d’Adhrar N’baya (La montagne de Baya). Un long métrage tourné sur les hauteurs du Djurdjura, en Kabylie profonde, montrant combien il aimait sa terre natale. Le film mettait en valeur la femme Kabyle à travers Baya, magnifiquement interprété par Djamila Amzal.   

La Montagne de Baya, dont le tournage a causé la mort de 14 techniciens du film lors d’une mauvaise manœuvre d’explosifs dans un appartement à Bouzguène, a obligé le réalisateur à arrêter le tournage du film durant 6 mois.

Quelques jours après la présentation du film en avant première à la Cinémathèque Algérienne, le cinéaste Azzedine Meddour s’éteindra emporté par la maladie, en nous laissant un testament cinématographique extraordinaire « Adrar n’Baya ». L’une des actrices qui joue le rôle de Na Aldjia n’a pas supporté la perte de Meddour et s’éteindra, à son tour, un jour après la mort du cinéaste.

Sa dernière œuvre traitait de la décennie noire des années 1990, à travers le témoignage d’enfants intitulée « Douleur muette ». Il a réalisé le documentaire en 1998, pour le collectif L’Autre Algérie : regard intérieur.

Meddour avait crée en 1993, Imago Production avec son ami de toujours Belkacem Hadjadj, qui le soutien dans la production de son film. Meddour devient également membre fondateur du Rais (Rassemblement des artistes, intellectuels et scientifiques). Il fut membre fondateur et vice-président de l’ARPA (Association des réalisateurs producteurs algériens). 

Après sa disparition, sa fille Mounia, reprendra le flambeau et perpétuera l’œuvre de son père avec un film aussi émouvant sur les femmes « Papicha. »

A l’occasion des 20 ans de sa disparition, la Cinémathèque Algérienne présentera un programme, composé d’images, de reportages et d’extraits des films de Meddour pour rappeler la grande valeur de ce cinéaste.

Salim AGGAR, directeur de la Cinémathèque Algérienne 

Azzedine Meddoune, lors de l’Avant première du film « La montagne de Baya », avec le directeur de la Cinémathèque Algérienne de l’époque Boudjemaa Karèche

Filmographie

1980 : Les nouvelles croisades (série de 8 heures en 7 parties), 1er prix au Festival du Caire, 1er prix à Ouagadougou

1982 : La fillette et le Papillon

1983 : Entre nous (fiction), prix spécial du jury à Prague, mention au Festival de Monte-Carlo

1985 : Combien je vous aime, 1er prix du Festival américain du film à New York, section « Perspective»

1986 : Polisario, année 15

1988 : Un survivant raconte

1990 : Des faits et des faits

1991 : La Légende de Tiklat

1992 : Djurdjura

1993 : Le chacal doré, prix du jeune public à Palaiseau, grand prix du CERIST

1997 : La Montagne de Baya (Adrar N’Baya), long métrage en kabyle

1998 : Douleur muette, prix Adolf Grimme, Festival des films du monde de Montréal, Prix du public Festival de Venise 1997 (clôture de la sélection Mezzogiorno).